Il reçoit 47$ de crédit voyage pour un voyage de plus 1000$

Il reçoit 47$ de crédit voyage pour un voyage de plus 1000$

Il reçoit 47$ de crédit voyage pour un voyage de plus 1000$

TVA NOUVELLES

Un entrepreneur qui a versé plus de 1000 $ à Air Canada pour un aller-retour Montréal-Paris annulé à cause de la pandémie s’est retrouvé avec un crédit de voyage d’une valeur de… 47 $.

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En incluant une partie des taxes qui lui ont été remboursées, Alexandre Fortin a récupéré la somme de 170,73 $ en tout, alors qu’il avait déboursé 1059,47 $ pour son billet, il y a un an.

« J’ai eu besoin de quelques secondes de respire », confie M. Fortin au Journal en relatant sa conversation avec la préposée du centre d’appels d’Air Canada.

« S’ils avaient gardé 200 $ sur 1000 $, je n’en aurais pas fait de cas, mais là, c’est complètement aberrant », ajoute-t-il.

Voyageur assidu pour les affaires, Alexandre Fortin a accepté de bonne grâce le crédit que lui a offert Air Canada le printemps dernier lorsqu’il a dû annuler son voyage en France. Il ignorait alors à quel point les règles de la plus grosse compagnie aérienne au Canada sont alambiquées.

Le prix des billets d’Air Canada est composé de plusieurs éléments. Dans le cas du voyage Montréal-Paris-Montréal de M. Fortin, il comprenait le « tarif de base » de 47 $, des « suppléments du transporteur » de 570 $, des frais de sélection de sièges de 300 $ et diverses taxes totalisant 142,47 $.

AFP

Il doit débourser 1749 $ de plus  

Cette semaine, l’homme d’affaires a réservé un aller-retour Montréal-Calgary qu’il effectuera le mois prochain pour son entreprise. Quand il a dit vouloir utiliser son crédit de l’an dernier, on lui a répondu que seul le tarif de base de 47 $ était applicable à son nouveau billet. Résultat : ses nouveaux vols lui ont coûté la coquette somme de 1749 $.

Le crédit lié aux frais de 300 $ pour la sélection de sièges ne peut être appliqué qu’à une nouvelle sélection de sièges pour un vol international, lui a-t-on expliqué.

« C’est rire du monde », s’insurge Alexandre Fortin.

Fausse information  

Quant aux « suppléments du transporteur » de 570 $, la préposée d’Air Canada a faussement affirmé à M. Fortin qu’il s’agissait de « la taxe sur l’essence que le gouvernement facture à la compagnie aérienne ». 

Sur son site web, Air Canada indique que c’est une somme qu’elle perçoit pour couvrir des dépenses comme le carburant et les services de navigation. Ces suppléments font partie des « frais de transport aérien » au même titre que le tarif de base.

Quoi qu’il en soit, la préposée a affirmé à Alexandre Fortin qu’il lui était impossible de récupérer cette somme, qui représente plus de la moitié du prix du billet.

« Pourtant, je n’ai pas brûlé beaucoup de carburant pour aller à Paris : je n’y suis pas allé ! », lance-t-il.

« C’est vraiment fâchant. Si je traitais mes clients comme ça, je serais fermé depuis longtemps. »

AFP

« C’est du vol »  

Gabor Lukacs, président de l’organisme de défense des voyageurs Air Passenger Rights, soutient que M. Fortin pourrait obliger Air Canada à le rembourser en s’appuyant sur la réglementation européenne.

Mais cela ne l’empêche pas de tirer à boulets rouges sur le transporteur montréalais.

« Air Canada agit illégalement, tranche-t-il. Ce qu’ils font, c’est du vol. »

Une porte-parole de l’entreprise, Pascale Déry, a refusé de commenter le dossier en invoquant le respect de la confidentialité de ses clients.

Rappelons qu’Air Canada conserve des milliards de dollars versés par des voyageurs pour des vols annulés en raison du coronavirus. Ottawa promet d’exiger que les transporteurs aériens remboursent leurs clients avant de leur venir en aide.

Stephane